#46 - Le déclic
Un an de What's Next : le bilan
Ce texte contient plein de liens qui vous emmeneront à la découverte du parcours “What’s Next.” A la fin de l’article, il y a le lien vers le précédent, puis le précédent… Vous pouvez aussi commencer par le début : #1 Whats Next.
Vendredi soir, je dîne chez des amis, l’Inconnue du Parc rencontrée fin août 2022 - je vous en parlais dans cet article - est devenue une copine. On en est encore au début de notre amitié, parce que ce genre de choses prend du temps, mais je crois que le potentiel est vraiment là.
Je lui disais que j’allais peut-être signer pour un prochain bouquin, voire même deux, et elle m’a dit : “Tu as pas mal de choses qui s’alignent”.
On a parlé des ateliers d’écriture que je suivais en ce moment, elle a raconté son travail dans la communication au milieu du brouhaha des filles qui jouent. Elle aussi depuis un an, son univers professionnel a évolué.
Quelques heures plus tôt, je prenais un café avec Dominic, le repreneur de Boston le nez en l’air. Il me parlait des deux saisons qu’il venait de faire. Deux ! je n’avais pas réalisé à quel point deux années entières s’étaient écoulées depuis la reprise. Ça me parait encore si proche, et pourtant, si lointain.
J’étais tout de suite dans mon élément quand il me racontait les dernières histoires de clients et des recrutements de nouveaux guides. J’étais dans mon élément et pourtant, je me suis aussi dit : je n’ai pas de regret. Pour être plus nuancée, je regrette certains aspects de ce job : la camaraderie entre guides, la satisfaction d’une visite bien faite et les revenus que m’apportait cette activité. Malgré tout, je n’ai pas de regret d’avoir oser passer à autre chose.
Ces deux événements cette semaine ont été le déclic pour me dire que “What’s Next” se terminait.
C’était prévu : ça fait un an que j’ai commencé ce projet, le tout premier article est sorti le 1er octobre 2022.
Mon intention initiale était de décortiquer une période de transition, autrement dit de révéler tous les questionnements qui affleurent quand on se demande “Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma life ?”
J’ai commencé à écrire What’s Next à un moment vulnérable de ma vie, où j’étais sincèrement, complètement, désespérément paumée. J’avais été forcée de m’arrêter de travailler à cause de la pandémie, qui a été une coupure brutale et radicale dans ma façon de vivre et de travailler - comme pour beaucoup d’entre nous d’ailleurs.
Ma fille est née dans ce contexte ; l’émergence d’une nouvelle identité (celle de maman) et la remontée vers de nouvelles perspectives professionnelles ont été très lentes.
Dès 2020, j’avais repris ponctuellement des petits contrats d’auteur qui ne me donnaient pas entière satisfaction. J’avais du mal à visionner la suite des choses, et je me disais que mon “Age d’or” était terminé.
En gros, ma trentaine touchait presque à sa fin et la suite était… très embrumée. Ce n’était pas qu’une question d’âge, mais ça a tout de même été un facteur.
Je m’étais déjà posée la question What’s Next dans le passé, quand je suis arrivée aux Etats-Unis notamment, mais je pense qu’on ne se pose pas de la même façon la question de la poursuite de sa vie professionnelle à 29 ans plutôt qu’à 39 ans (d’ailleurs, j'ai lu quelque part que les années en 9 sont plus propices à la réflexion qu’une fois la dizaine du dessus atteinte !)
Avec le temps et différentes actions mises en place (notamment par le coaching, et aussi de façon très prosaïque, par l’entrée de ma fille à la crèche), les choses se sont désembrumées.
J’arrive au bout de cette année de réflexion via ces newsletters, il n’y a pas le compte de cinquante articles que j’avais arbitrairement fixé au départ - j’ai fait quelques pauses dans l’année, mais voilà, je crois que j’ai fait le tour de la question, ou je risque à présent de diluer mon contenu.
Est-ce que ma “reconversion” est terminée ? Si vous me lisez depuis un moment vous savez qu’il ne s’agit pas d’une reconversion au sens de changement radical d’orientation professionnelle. J’ai su assez vite ce que je voulais faire.
Il y a un an, j’avais peur de tout, aujourd’hui, j’ai retrouvé une certaine confiance dans mes capacités à m’en sortir.
Je ne suis pas encore parfaitement “là où je voudrais être”: mes revenus ne sont pas suffisants, je suis encore trop souvent isolée dans mon travail. Malgré tout, je me sens mieux.
J’ai eu plein de petites réalisations au fil de l’eau, notamment sur la communication, le rapport à l’autre et le besoin de me sentir “ancrée” dans ma vie ici à Boston, ce qui passe pour le moment par l’engagement bénévole et l’écriture en anglais.
Ne me poussez pas trop : je sais que j’aurais pu tourner autour du pot de “What’s Next” pendant encore longtemps !
Mais il est temps de mettre un point final.
Comment ça se termine: What’s Next ?
A l’heure où je vous écris, j’ai plusieurs projets en cours :
Je suis toujours en discussion avec un éditeur sur mon projet d’essai sur l’enfant unique. On a échangé plusieurs emails et on a bien discuté des contours du projet. C’est à ce jour mon projet le plus personnel, et ça soulève pas mal de questionnements sur ce que je peux dire, comment le dire, comment gérer les remarques sur ces textes plus intimes.
Je continue les cours d’écriture en anglais, à la fois sur la Maternité, et le deuxième sur les essais “avancés”. Ca fait six heures d’atelier par semaine, en plus de pas mal de travail personnel : c’est prenant et j’adore ça. Tout est en anglais, ce qui est un challenge en soi. Ce que j’apprécie par dessus tout, c’est de dédier autant de temps à l’écriture et la lecture - je suis étudiante à nouveau. Je suis plongée dans ces cours, je passe la plupart de mon temps libre à lire des essais et des mémoires, à me nourrir de mots d’histoires intimes tressés avec des analyses sur des thèmes passionnants - l’amitié, le trauma, l’immigration, la musique… Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une vision utilitariste de tous ces efforts, j’espère que d’autres projets sortiront du lot au fil de ces prochaines semaines.
J’ai été contactée par une éditrice pour un projet d’écriture de livre de voyage, ce n’est pas un guide, ce n'est pas non plus un beau-livre, c’est une sorte d'entre-deux. Je crois que je ne me départirai pas de mon identité d’autrice voyage, et finalement tant mieux : ça fait partie de mon portfolio, j’aime écrire sur ce sujet, ça me vient relativement facilement (ce qui est un bon signe). On en est au début de la discussion : c’est une affaire à suivre.
Dans les projets flous et chronophages, pour lesquels il est dur de faire de la place mais qui me tient pourtant très à coeur, il y a ce roman dont j’ai un premier brouillon de brouillon. C’est aussi le défi des envies créatives : leur accorder la place qu’elles méritent pour les mener jusqu’au bout. (Spoiler : ce roman va devenir un récit personnel qui se lit comme un roman : Broken Pus sy, publié chez Larousse en septembre 2025)
Mon avenir en tant qu’autrice est assurée pour les quatre-six prochains mois, finalement : c’est pas mal non ?! C’est mieux que que j’imaginais il y a un an.
J’allais oublier un dernier point important : je continue de vivre sur les revenus du blog, et je remercie mon moi du passé d’avoir fait autant sur ce long projet qui porte encore ses fruits aujourd’hui, par les ventes d’ebook et l’affiliation notamment. Outre les revenus, j’ai l’impression que c’est la porte d’entrée de beaucoup de gens pour connaitre mon travail au sens large. Cette identité de blogueuse, qu’on peut trouver ringarde ou dépassée à l’heure de l’influence sur TikTok, reste pour moi malgré tout importante.
Le mot de la fin
What’s Next, c’était une mauvaise question, je l’ai rapidement compris. C’est catchy, ça se dit plus ou moins bien, mais en soi, ça suggère un peu trop qu’il y a un avant / après, aux contours rigides. Ca fait peut-être partie de ce rêve américain : l’idée qu’on peut se réinventer de A à Z, plusieurs fois dans sa vie si on le souhaite.
Je suis plutôt adepte de la métaphore du fil, ce fil qui nous suit, parfois de façon plus ou moins visible. Le fil de ma vie professionnelle était là pendant que je me posais toutes ces questions : de tout temps (même si on n’a pas le droit de dire cette expression en dissertation) j’ai eu envie d’écrire, créer et partager des contenus intéressants, divertissants, inspirants.
Enfin, je crois que What’s Next, ça a aussi été à propos d’accepter l’incertitude inhérente à nos choix de vie et de carrière : on ne sait pas comment ça va se passer. J’avance, j’avise, je rectifie.
Un bilan rapide de What’s Next :
Au niveau créatif, j’ai trouvé ça :
Passionnant de me lancer sur un nouveau format façon “feuilleton” si le mot ne faisait pas si vieillot, je l’aurais volontiers utiliser pour décrire l’écriture de ce récit thématique et personnel, livré semaine après semaine. C’était grisant d’explorer cette nouvelle façon de poster des textes personnels et de me tenir à un agenda.
C’était déroutant aussi par moments, quand il y avait peu d’écho, quand je doutais dans ma vie de tous les jours de ce que je faisais, que je me demandais s’il fallait continuer, si tout n’était pas une grosse arnaque.
Au niveau du modèle économique, j’ai trouvé ça compliqué de lancer une newsletter payante. Dans un monde où prévaut une avalanche de contenus gratuits et consommable rapidement, c’est un modèle relativement nouveau. En plus, je me suis pas facilitée la tâche, parce que je vous ai proposé des textes longs et c’était peut-être un peu trop exigeant de demander autant d’attention.
Le dernier côté pénible, c’est le fait de se vendre en quasi-permanence (aussi le propre de pas mal de métiers en freelance finalement), ça me semble incontournable de dire : “regardez ce que je fais !”. Je me suis détendue au fil des mois qui ont passé, et à mesure que mon propos s’affinait et que la newsletter trouvait son public.
Et la suite ?
J’envisage une saison 2 de What’s Next, je n’ai pas fait tout ça pour tout laisser tomber. Mais pas tout de suite, elle sortirait probablement en janvier 2024.
Il y aura un nouveau thème, jamais loin de mes thèmes de prédilection, et probablement un nouveau format (autrement dit, ça ne serait pas strictement un récit). Je ne veux pas faire de mystère inutile, honnêtement, c’est surtout que je manque encore de recul pour vous livrer le résultat final aujourd’hui.
Je vous remercie de m’avoir lu, chaque personne ici présente, que vous ayez commenté ou pas, je suis reconnaissante que vous ayez franchi le cap d’un abonnement payant peu importe votre motivation. J’espère que ça vous a intéressé, inspiré, motivé, ou… autre chose ? Comme toujours, les commentaires sont ouverts.
J’espère vous retrouvez dans quelques semaines pour la saison 2.
J’ai une dernière question pour vous : est-ce que vous avez l’impression que j’ai laissé des questions en suspens ? Quelles réponses auriez-vous voulu lire ?
A bientôt !
-
Lire le texte précédent : #45 - La méthode infaillible pour trouver le métier idéal


Merci, merci, merci. J'ai mis du temps à m'abonner...procrastineuse, mais que ce fût bon. Je suis addict. T'écouter, te lire, chaque semaine sur cette thématique qui m'intéresse va me manquer, parce que nous avons tellement de points communs avec des vies très différentes. Tu m'as aidé, j'ai cheminé au fil des semaines. Heureusement je sens que la suite me plaira tout autant.
Quelle aventure ! J'ai vraiment apprécié ce rendez-vous du vendredi matin - c'était mon petit plaisir avant d'aller bosser. Merci d'avoir partagé tes réflexions et d'avoir créé cet espace d'échange privé, c'était vraiment agréable de découvrir d'autres parcours et d'échanger sur les idées "what's next" de tes lectrices.
En parlant de ça, je t'avais dit que je te tiendrai au courant mais j'ai finalement trouvé du travail dans un tout autre contexte que celui d'avant. Mon What's Next à moi se déroule en deux temps : je bosse dans le Customer Service maintenant, en tant qu'employée dans une boîte plutôt sympa. En parallèle, j'ouvre ma petite boutique en ligne pour vendre quelques illustrations... le 14 octobre ! C'est marrant que tu mettes ton récit en pause presque le jour où je me lancer. Et si je te raconte tout ça, c'est aussi pour te remercier à un niveau plus personnel : grâce à ton feuilleton (j'aime bien ce mot > je l'utilise), j'ai pu réfléchir à ce qui allait venir, me réinventer un peu, et je me suis décidée à ne plus attendre.
Bref, compte sur moi pour la saison 2 ! Des bisous.